« Maaa lyycée-enneuu, moiiii qui ne suiiis pluuus lycéeeeeen..lalala… » !
Lorsque le vieil autoradio de sa Renault Super 5 modèle Picon 82 à la carrosserie rouge marquée d’une croix bleue sur le toit comme dans « Shérif fais moi peur » s’alluma mystérieusement après un passage musclé sur Le cassis de la rue Saint Auberge, la station de radio locale KaGéBé de Saint Brize-Les-Flotteurs, sur lequel le bouton était réglé depuis maintenant cinq bonnes années, passait à ce moment là ce fameux titre légendaire du lui même légendaire Philippe Chatel.
A l’écoute de ces quelques notes si mélodieusement harmonieuse et de ce refrain entraînant, André Zissamèryssonnégliz, dit l’Acrobate, fut brusquement replongé dans ses tendres années post-adolescentes.
Le souvenir de la tendre et sublime Marie-Joe qu’il avait tant aimé sur les bancs du lycée Rummy Schneider lui revint à la mémoire avec la violence d’un saumon des Landes remontant le courant de la Loire.
Durant toutes ces années, il n’avait cessé de n’avoir d’yeux que pour elle. Il ne comptait plus les nombreuses fois où il s’était livré avec une passion déchirante au plaisir confus de l’onanisme, ni le nombre de draps qu’il avait souillés spasmodiquement en s’imaginant goûter à son gargantuesque 95C si rare à cette époque juvénile.
Judicieusement camouflé derrière les taillis du Père Riri et muni de ses jumelles Daewoo ZoomX12 héritées de son pépé décédé en 68 dans sa baignoire, il avait maintes et maintes fois observé les douces promenades sous cette pluie estivale, qu’elle faisait l'après midi d'un pas léger, tantôt émue devant un oisillon nourri par sa mère, tantôt rageuse par cet été qui s'achève, et renvoyant sans cesse, à cette nature majestueuse, sa moue ingénue.
Mais dans sa timidité et son manque d'initiative,il avait alors jadis gâché un amour fleurissant entre deux êtres naïfs et complices que tout rapprochait, jusqu'à leur goût mystérieux et commun pour les mélodies africaines.
Il passa alors devant le vieux kiosque à journaux qui faisait l’angle de la 5ième et de l’allée des Fourgueux. C’était là qu’il avait pu admirer pour la première fois Marie-Joe, vêtue de sa robe à fleure légère qui enrobait avec une grâce divine la plastique tendre et ferme de la jeune femme aux courbures vénusienne.
Il s’arrêta, coupa la musique, oublia cette pute et alla s’acheter le VIII ième épisode de la « Jouuuute du Arrgh » !!!
S : Cette inspiration bucolique anglophone l'avait laissé quoi! Il avait
toujours été incapable d'enchainer trois mots dans la langue de Beckham.
Même au bac oral d'anglais, il avait eu beau sortir ses 24 cms de barbaques
fraiches sur le bureau de la quinquagénaire à lunette, cela n'y avait rien
changé, il s'était tapé un misérable 2 sur 20. Et pourtant il se rappelait
l'avoir travaillé des heures cette pute. Il resta la un temps sous le choc
de sa propre connaissance. Mais bien sur, suis-je niais?? Pensa t-il d'un
coup. Il s'était alors rappelé la fois où il s'était trompé de salle de
cinéma et avait été voir La Belle Au Bois Dormant au VO. Il se souvient
alors s'etre assoupi au bout de 10min et s'etre fait réveillé seulement 4
projections plus tard par une grande chienne en bas résille qui voulait lui
refourguer des esquimos en échange du sien. Apprentissage par le
subconscient, il en était désormais convaincu. Il en avait entendu parlé
par ami à lui qui lisait: une vraie pointure. Il se précipita alors sur
Google Traducteur, le resultat était sans appel : "Oow, vous avez damné le
robinet de shamefull, pourquoi êtes vous tellement bitingly ironique
constamment sucé par quelques chiennes babyloniennes tandis qu'I m ayant la
douleur de painfull parce que j'ai voulu être un pompier?". "De la merde
google!!!, hurla t-il en fracassant son ecran plat DELL 19 pouces avec son
Guzmania à bractée rouge.
V : La seule solution s'imposant à sa détresse tant physique que mentale,
il le savait, était irrévocable. Quelle assurance dans sa résolution,
quelle confiance il accordait à ce dessein tel un dément acharné courant
désespérément après les lambeaux d'une salubrité psychologique évanescente!
Son profond désarroi n'avait aucunement terni la magnifique immuabilité
d'une décision gravée ad vitam aeternam dans l'airain de sa volonté. Non,
rien ni personne ne pourrait l'en faire démordre. Toutes les flèches de ses
énergies concentrées convergeaient vers une seule cible allégorique, nimbée
dans la brume des idéaux déçus d'une humanité aux prises avec un moi
antagoniste et conflictuel dépourvu de toute considération envers les
masses laborieuses se tuant, s'échinant à une tache au-delà de toute
portée, manipulant et poussant et besognant le rocher éternel d'un sisyphe
de légende sur la pente de l'injustice : Vuilquin fit un petit caca.